Jeanne d’Arc

jeanne_d'arcLes éditions Hachette, dans la collection Pluriel, rééditent Jeanne d’Arc de Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin. Cette publication n’est pas un luxe tant les biographies fantaisistes et déshonorantes écrites sur cette héroïne sont innombrables. Qu’il est bon, au milieu de ce fatras, de se replonger dans un ouvrage intellectuellement honnête et historiquement incontournable.

La méthode adoptée par les deux auteurs repose sur un découpage de leur livre en trois parties que l’on peut compulser indépendamment les unes des autres.

Tout d’abord, la première et la plus volumineuse (couvrant environ la moitié du livre), est d’ordre chronologique. Le lecteur suit, tout naturellement, la Pucelle depuis sa première tentative de rencontrer le roi Charles en 1428 jusqu’à sa mort sur le bûcher à Rouen en 1431. Les explications sont claires et les informations, notamment temporelles et spatiales, d’une grande précision et nombreuses. Pour autant, les auteurs ne s’arrêtent pas là et poursuivent leur travail bien au-delà de la mort de Jeanne. Ainsi comme pour lui rendre hommage, elles exposent les événements qui permirent à Charles VII de « bouter les Anglais hors de France. » Surtout, ce long chapitre s’achève sur l’enquête mandée par le roi et le procès en nullité qui s’ensuivit. Loin d’être un prolongement anecdotique du parcours incroyable de Jeanne d’Arc qui n’aurait d’autre but que de réhabiliter cette championne, cette semi-conclusion complète nos connaissances la concernant, notamment avant son entrée dans la Grande Histoire.

Ensuite, Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin exposent, sous la forme d’un court dictionnaire, les principaux faits et gestes des grands personnages qui gravitèrent autour de Jeanne. On trouve dans ces pages de succinctes biographies aussi bien de ses principaux adversaires, tels Pierre Cauchon et John Talbot, que celles des ses compagnons et sympathisants, comme La Hire et Jacques Gélu (notons que Gilles de Rais manque étonnamment à l’appel).

La troisième et dernière partie, intitulée « Débats », titre plus ou moins discutable à la lecture du contenu, s’intéresse à des sujets qui, sans pour autant perdre de vue la Pucelle, peuvent être considérés comme secondaires. Ainsi, de courts chapitres s’arrêtent sur son nom, son armement, la langue de ce temps, et son souvenir à travers l’histoire, pour ne citer que quelques thèmes.

La force de ce livre réside dans ces références (bien souvent passées sous silence dans la majorité des cas). Plus qu’une bibliographie solide, Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin nous offrent d’abondantes annexes (y compris, transcriptions de lettres, chronologie biographique, étude iconographique, et même une filmographie) qui complètent les citations innombrables retrouvées tout au long de l’ouvrage. Malgré toutes les qualités indiscutables de cet ouvrage, il convient de faire une remarque désobligeante. La présentation choisie par l’éditeur est à la limite du respect qu’il doit à ses lecteurs. Il est étonnant que le texte original de 1986 n’ait pas été véritablement réédité mais simplement photocopié. Le lecteur, feuilletant le livre, a sous les yeux une mauvaise copie de piètre qualité tirant vers le noir. S’il est vrai que la mode est à ce genre d’artifice – pour des questions sûrement budgétaires – ne peut-on vraiment pas trouver de solutions plus dignes ?

Aimeric Vacher
Titre : Jeanne d’Arc
Auteur : Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin
Editeur : Hachette
Nombre de pages : 447 p.
Publication : Janvier 2011
Prix : 10 €
ISBN : 978-2-8185-0074-3
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