Le Sud après la Guerre de Sécession (1865-1896)

le_sud_apres_la_guerre_de_secessionAvril 1865. Après quatre années de guerre, les Etats-Unis sont enfin réunifiés. Vaincue, la Confédération sudiste réintègre l’Union, laquelle a aboli l’esclavage, qui constituait le socle de l’économie et de la société du Sud. Le plus dur semble passé. Une société plus juste, plus égalitaire, devrait naître des cendres du conflit. Cet espoir sera vite démenti. Battu par la force des armes, le Sud n’entend pas céder sur sa spécificité, et notamment sa perception de la « question noire ». Le Nord, pour sa part, oscille entre l’excès de fermeté et le souci d’une unification pacifique. Entre les deux, les Noirs, ayant acquis la liberté, se verront refuser l’égalité, sachant que des groupes paramilitaires tels que le Ku Klux Klan s’acharnent à briser leurs aspirations à une vie meilleure. Bref, les années de l’après-guerre, baptisées « Reconstruction », constituent la matrice de la société américaine telle qu’elle perdurera un siècle, jusqu’à l’abolition constitutionnelle des lois ségrégationnistes.

Cette période décisive, et violente, de l’Histoire des Etats-Unis reste pourtant méconnue en France. Longtemps dominée par les historiens sudistes, cette thématique a ainsi laissé filtrer une image tendancieuse de la Reconstruction, laquelle n’aurait été qu’une lutte héroïque du Sud contre l’influence déplorable du Nord et la prétendue inaptitude des Noirs à participer à l’administration des Etats, le Klan étant presque assimilé à une association caritative… Des récits tels qu’Autant en emporte le vent, des films tels que Naissance d’une Nation, ont consacré ce portrait mâtiné de racisme, avant qu’une nouvelle génération d’historiens, dans la seconde moitié du XXème siècle, s’attache à dresser un panorama plus objectif de cette époque.

Ce petit livre produit par quatre universitaires s’efforce ainsi de faire le point sur les données accumulées à ce sujet par une historiographie américaine diversifiée et volumineuse. Rien n’est laissé de côté : heurts politiques entre le Nord et le Sud, et surtout au Nord (entre radicaux et modérés) et au Sud (entre partisans du Nord, rebaptisés Scalawags, et, nettement plus nombreux, défenseurs de l’identité sudiste), rôle des Noirs, mutations économiques et sociales, errances juridiques… L’ensemble est complété par plusieurs cartes, des fiches consacrées aux trois Présidents américains ayant eu à gérer la Reconstruction (Andrew Johnson, le général Grant, Rutheford B. Hayes), à d’autres acteurs politiques de la période (partis politiques, Noirs, Cour suprême), à certains événements marquants comme le massacre de Colfax, sans oublier une – indispensable – chronologie, une riche bibliographie, un glossaire et un index. Dense, mais exhaustif.

Nicolas Bernard
Titre : Le Sud après la Guerre de Sécession (1865-1896)
Auteur : Yann Philippe – Caroline Rolland-Diamond – Andrew Diamond – Jonathan Magidoff (dir.)
Editeur : Editions Atlande
Nombre de pages : 255
Publication : mars 2010
Prix : 19 €
ISBN : 978-2 35030 101 3
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