Waterloo

waterlooLa nouvelle du retour de Napoléon de l’île d’Elbe sembla si extraordinaire qu’elle se répandit comme une traînée de poudre en Europe, suscitant partout la consternation ou l’émerveillement. Le concert des puissances espérait avoir définitivement étouffé le souvenir des guerres napoléoniennes et, avec lui, la Révolution qui avait incendié le monde pendant vingt-cinq ans. Quelques jours suffirent ainsi pour que Napoléon fût déclaré hors la loi, sujet à la « vindicte publique ». Dans ces conditions, les dés de fer étant jetés, l’Empereur n’avait d’autre choix que de reprendre les armes.

Au commencement de l’été, seules deux armées d’invasion se trouvaient aux frontières de la France : le contingent multinational commandé par le duc de Wellington et les troupes prussiennes du feld-maréchal von Blücher. Aussi les chances de vaincre paraissaient-elles grandes si Napoléon parvenait à les attaquer séparément. Le 18 juin 1815, plus de 200 000 hommes s’affrontèrent sur une langue de terre minuscule. Jamais un tel conglomérat humain n’avait été amassé sur un champ de bataille aussi étriqué. Des soldats de conditions diverses, aguerris depuis longtemps aux carnages ou novices dans l’art de la guerre, se heurtèrent dans un fracas épouvantable.

Au lendemain de la bataille, Wellington employa le nom de Waterloo pour signifier sa victoire. Ce fut ainsi que le massacre entra dans la légende. Toutes les générations qui vécurent en Europe jusqu’à la Grande Guerre firent de ce moment un tournant décisif dans la trame de l’Histoire. La « charnière du XIXe siècle », selon la déclaration célèbre de Victor Hugo, détrôna Napoléon et assura la paix en Europe pendant plus de quarante ans. Pour les âmes moins satisfaites de vivre dans un monde surveillé par les canonnières de Sa Majesté, Waterloo sonnait comme un glas.

Débusquant l’Histoire sous le mythe, « oubliant » l’issue de la conflagration, Alessandro Barbero, professeur d’Histoire à l’université du Piémont-Oriental de Vercelli, nous en restitue le juste déroulement, sans verser dans les pièges de l’apologie nationale. Il entremêle avec une belle maîtrise des sources et des témoignages, cartes et analyses rigoureuses, dialogues hauts en couleur et aperçus historiques, livrant ainsi le roman palpitant de cet affrontement de titans.

Nicolas Pavillon

Titre : Waterloo
Auteur : Alessandro Barbero
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 445
Publication : septembre 2005 pour la traduction française
Prix : 25 €
ISBN : 2-08210439-7

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