Ecrire en guerre, écrire la guerre. France, Allemagne (1914-1920)

ecrire_en_guerre_ecrire_la_guerreL’Histoire culturelle ne pouvait plus longtemps faire l’impasse sur le sujet traité dans cet ouvrage par Nicolas Beaupré, et préfacé par Annette Becker : les écrits nés de la Grande Guerre. La dimension littéraire constitue sans aucun doute un aspect majeur de ce conflit d’envergure mondiale. En effet, les noms d’Henri Barbusse, Ernst Jünger, Maurice Genevoix, Erich Maria Remarque ou encore Charles Péguy, pour ne citer que les plus célèbres, s’ils parlent au spécialiste, ne sont pas inconnus – loin s’en faut – du profane.

Portés par deux traditions littéraires séculaires, quoique très différentes par bien des aspects, les deux pays ici mis en exergue – la France et l’Allemagne – ont l’un et l’autre compté dans leurs rangs nombre de ces « écrivains-combattants » que les pages de cette somme éclairent d’une lumière à la fois érudite et pleine de compassion. Le choix de la comparaison s’est d’emblée imposé à l’auteur, quand bien même le risque de « comparer l’incomparable » aurait pu former un obstacle notable.

Afin de présenter convenablement une vision d’ensemble, l’auteur a voulu s’appuyer sur un imposant corpus de textes. Ce sont environ 600 volumes, pour une moitié française et l’autre allemande, qu’il a donc choisi de consulter. Rejetant pourtant toute ambition d’exhaustivité, Nicolas Beaupré mène de front deux ordres de réflexion.

La première concerne l’inscription de l’écrivain dans le conflit et explique l’intérêt porté à quelques trajets individuels, parmi les plus représentatifs.

La seconde a trait à la place qu’a pris le phénomène littéraire au cours de ces quatre années de guerre au sein des sociétés française et allemande. Ces textes de différentes natures, rédigés en prose ou en vers, ont certes engendré une nouvelle représentation de la guerre, mais chaque mot a touché et parfois modelé l’imaginaire collectif.

Insistant en outre sur la diversité des « écritures de guerre », l’auteur nous explique fort à  propos que cette œuvre littéraire aux multiples facettes, rencontrant un large écho, a su transcender le simple témoignage – qu’elle devait pourtant étreindre partiellement avec la « démobilisation de cette littérature » – et nourrir ainsi les réflexions de toute une génération.

M. B.

Titre : Ecrire en guerre, écrire la guerre
Auteur : Nicolas Beaupré
Editeur : CNRS Editions
Nombre de pages : 292
Format : 170 x 240 mm
Publication : août 2006
Prix : 25 €
ISBN : 2-271-06433-3

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