Mustafa Kemal invente la Turquie moderne

kemal_invente_turquieEngagé aux côtés des puissances centrales à la fin de 1914, l’Empire ottoman se trouve bientôt confronté aux troupes russes et britanniques avant que l’entrée en guerre de la Grèce en juin 1917 et l’effondrement de la Bulgarie en septembre 1918 ne viennent définitivement sceller son sort.

Démantelé par le traité de Sèvres, ses territoires sont occupés par les armées françaises, britanniques et italiennes. Les zones arabes sont confiées à la France et à la Grande-Bretagne par la SDN alors que les séparatistes arméniens et kurdes obtiennent satisfaction, c’est-à-dire la création d’un Etat arménien indépendant et d’un Etat kurde autonome. L’Italie et la Grèce obtiennent elles aussi des gages territoriaux.

Expliquant par le détail – et avec clarté – l’enchevêtrement des événements et des factions, Paul Dumont s’attache à décrypter l’ascension de Mustafa Kemal, jeune et brillant officier général qui, refusant l’humiliation de son pays, va s’opposer ouvertement au Sultan. L’occupation de Smyrne par l’armée grecque mettra le feu aux poudres et permettra à Mustafa Kemal de recruter large. Mais c’est aussi une refonte complète de l’Etat et de son mode de fonctionnement que demande le chef du mouvement kémaliste. Reprenant le flambeau nationaliste, abandonné par les Jeunes Turcs dont le mouvement s’est sabordé après l’effondrement de 1918, Kemal prend effectivement la tête de l’opposition. D’une modeste révolte militaire centrée sur l’Anatolie, il réussit à faire une force politique ; aidé en cela par la situation du pays.

C’est dans un deuxième temps à l’œuvre de redressement initiée par Mustafa Kemal que s’intéresse Paul Dumont. Après une lutte acharnée menée sous son commandement, Kemal obtient la révision du traité de Sèvres. Luttant avec succès contre les grecs, il écrase également les armées séparatistes. En juillet 1923, le traité de Lausanne accorde à la Turquie toute l’Anatolie ainsi que le contrôle des détroits. Dans la foulée, au mois d’octobre, la République est proclamée avec Atatürk comme président.

De 1923 à 1938, Atatürk imposera sa marque au pays (une capitale sera par exemple créée de toute pièce à Ankara). Faisant le point sur ses réalisations (laïcité, adoption de l’alphabet latin…) et sur la nature du régime (« musclé », voire dictatorial par bien des aspects), Paul Dumont s’intéresse surtout aux premiers temps du régime avant de faire un court exposé sur la politique étrangère d’un homme qui disparaîtra à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Réédition augmentée d’un ouvrage d’abord paru en 1983 puis, en 1997, cette nouvelle version conserve toute sa pertinence et sa valeur historiographique. A l’heure où la Turquie frappe à  la porte de l’Union européenne, sans doute serait-il bon que tout à chacun en sache un peu plus sur son histoire. Ces quelques pages constituent à n’en pas douter une approche vivante et passionnante de ce vaste sujet qu’est l’histoire turque.

M. B.

Titre : Mustafa Kemal invente la Turquie moderne
Auteur : Paul Dumont
Editeur : Editions Complexe
Nombre de pages : 220
Publication : mars 2006
Format : 115 X 180 mm
Prix : 9,90 €
ISBN : 2-8048-0095-4

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