Un espion français à l’Est, 1962-2004

espion_estLa Guerre Froide, et plus particulièrement les années 1970 et 1980 de cette période, entrent résolument dans le champ de l’Histoire. Âge d’or des espions, le temps de l’affrontement Est-Ouest a suscité nombre de fantasmes et de récits plus ou moins véridiques autour de la question du renseignement et de l’espionnage qui prend depuis quelques années en France, sous l’impulsion de chercheurs comme Olivier Forcade ou Sébastien Laurent, une place nouvelle et heureuse dans le paysage bibliographique et historiographique de notre pays. Jean-Jacques Cécile est un de ces raconteurs d’histoires dont le sérieux du travail, la solidité des sources, la rigueur et la très bonne connaissance de sa matière permettent de livrer au curieux comme à l’historien un horizon nouveau et passionnant.

Dans ce livre, l’auteur s’intéresse au parcours d’un homme, Pierre Bach, dont le destin, s’il n’a pas été celui d’un maître espion à la James Bond n’en demeure pas moins exceptionnel tant il a – pendant de très nombreuses années – été au cœur de la véritable guerre des nerfs et du renseignement que se sont livrés, dans les pays du glacis soviétique, les militaires français, britanniques et américains d’une part, Soviétiques et leurs alliés d’autre part.

Sous-officier de cavalerie, Pierre Bach rejoint à Berlin la Mission militaire française de liaison (MMFL), unité née dans l’après-guerre et qui – sous couvert de garder un contact avec l’autre puissance occupante de l’Allemagne et sur la base d’une stricte réciprocité – n’en menait pas moins, grâce à son statut diplomatique, des missions de repérage et d’espionnage des mouvements de troupes et de matériels. Missions d’ailleurs particulièrement dangereuses car à chaque instant susceptibles de susciter un incident ; comme ce sera d’ailleurs le cas en 1984 quand un accident sciemment provoqué entraînera la mort d’un sous-officier français de la MMFL.

Pierre Bach passera aussi plusieurs années en Hongrie, comme secrétaire de l’attaché de Défense, où il mènera là encore des opérations de repérage et de ciblage ; toutes ou presque placées sous le signe de l’extrême culot, du coup de chance mais aussi de la prise de risque et de la débrouille, tant la technicité extrême laisse souvent la place à la plus totale improvisation.

Au plus près des événements narrés, au rez-de-chaussée de l’histoire si l’on peut dire, les « aventures » de Pierre Bach donnent surtout à voir l’incarnation concrète, sur le terrain, des soubresauts de la grande Histoire. On sent, on palpe même, à travers l’extrême tension qui règne à chaque page entre militaires occidentaux et Soviétiques, la réalité du contexte international et géopolitique de ces années 1980 dont on sait désormais qu’elles ont été celles d’un net regain d’hostilité et de concurrence politique et militaire entre les deux blocs.

M. B.

Titre : Un espion français à l’Est, 1962-2004
Auteur : Jean-Jacques Cécile
Éditeur : Editions du Rocher
Nombre de pages : 278
Publication : janvier 2014
Prix : 22 €
ISBN : 978-2-26807-585-3

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