Un fascisme roumain. Histoire de la Garde de fer

un_fascisme_roumain_sanduSi l’historiographie s’est naturellement intéressée à décortiquer les ressorts des partis dirigés par Adolf Hitler et Benito Mussolini, le livre de Traian Sandu nous invite à voir plus loin et – en nous intéressant au cas roumain – à regarder de plus près une idéologie qui imprégna résolument l’ensemble du continent européen, à des degrés divers selon les pays. Car – malgré certaines apparences – le fascisme roumain emprunte de nombreux traits communs au fascisme italien et au nazisme allemand : antisémitisme virulent, culte du chef et de la violence physique, visées expansionnistes, anticommunisme, agnosticisme, large audience…

Ainsi, Traian Sandu démontre bien le caractère profondément révolutionnaire qu’adoptent les gardistes roumains et la dimension spirituelle transcendante que revendique le mouvement légionnaire ; lequel – émergeant dans une société très agraire où la religion orthodoxe joue un rôle de premier plan et où la monarchie (et non pas la figure personnelle du souverain) demeure très solide – doit composer avec cette réalité sensible. C’est ce qui explique sans doute l’échec de Codreanu face à Carol II, puis de Sima face à Antonescu, en somme du mouvement légionnaire face à l’État roumain qui a pu systématiquement « éliminer le fasciste au profit de l’autoritaire ».

Scandant quatre temps (1919-1927, 1927-1933, 1934-1938 et 1938-1940), l’auteur adopte d’abord une logique chronologique. Traian Sandu, à cette occasion, analyse tout à la fois les fondements idéologiques du gardisme et met en lumière son organisation, tendue vers la prise du pouvoir et, pour ce faire, la séduction de la population et des élites, tant politiques qu’intellectuelles et religieuses. Il s’intéresse ensuite successivement à l’impact de la Légion sur la société roumaine, à la Légion au pouvoir de septembre 1940 à janvier 1941 et enfin à son héritage durant et après la guerre. Car Nicolae Ceaucescu a été le promoteur d’une relative ouverture à l’Ouest et concomitamment d’une forme de national-communisme populiste dont les références étaient aussi empruntées à l’extrême-droite roumaine de l’entre-deux-guerres.

M. B.

Titre : Un fascisme roumain
Auteur : Traian Sandu
Éditeur : Perrin
Nombre de pages : 494
Publication : mars 2014
Prix : 24,50 €
ISBN : 978-2-262-03347-7

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