Les nouvelles élites tchécoslovaques. Une formation française (1900-1950)

nvlles_elites_tchecoParmi les pays européens de l’Europe médiane, la Tchécoslovaquie (en réalité davantage sa partie tchèque que slovaque) est longtemps apparue comme l’un des pays les plus francophiles de cette région, aux côtés de la Roumanie et, dans une moindre mesure, de la Pologne. Dans cet ouvrage inspiré de sa thèse de doctorat, Jiří Hnilica envisage la relation franco-tchécoslovaque sous l’angle de la coopération culturelle et scolaire. Son objectif est de mesurer l’influence française dans ce pays au regard de ses effets sur la formation des élites tchèques.

Au cœur des enjeux de sécurité internationale de la première moitié du XXe siècle, la Tchécoslovaquie est pour la France un point d’appui ainsi qu’un relais de sa politique extérieure, principalement dans l’entre-deux-guerres. Pour la Tchécoslovaquie en revanche, la France est un gage de sécurité face à l’Allemagne ; une référence culturelle et politique qui incarne un contre-modèle républicain, laïque, positiviste… et émancipateur. Néanmoins, l’étude du seul « âge d’or » de la relation particulière qui unit Paris et Prague est dépassée dans ce bel ouvrage. Débutant au début du siècle et s’achevant avec la soviétisation du pays, l’analyse de M. Hnilica permet de saisir « les continuités et discontinuités de ces rapports bilatéraux ».

A l’aide de sources françaises et tchécoslovaques, l’auteur s’intéresse d’abord au cadre de cette coopération qui, si elle ne débute officiellement qu’en 1919, répond à une demande culturelle antérieure dont les bases ont été jetées dès avant la Grande Guerre. L’aboutissement de cette dynamique devait en être la convention culturelle de 1938 rendue inopérante après le démembrement de la Tchécoslovaquie. Ce sont les institutions françaises en Tchécoslovaquie – Institut français de Prague et écoles françaises en Tchécoslovaquie –, véritables lieux de la formation des nouvelles élites tchécoslovaques, qui retiennent ensuite l’intérêt de  M. Hnilica. Enfin, plus originale et plus méconnue est l’histoire des sections tchécoslovaques dans les lycées français qui occupe la dernière partie de ce livre.

Plusieurs étapes dans les relations franco-tchécoslovaques se dégagent ainsi de ces pages. Les années vingt sont celles des premières discussions, celles des premiers pas et de l’installation progressive des institutions en fonction des budgets alloués et des effectifs disponibles. Si le début des années trente est une période qui voit les échanges quelque peu marquer le pas, on note dans la seconde moitié de cette funeste décennie un réel regain d’intérêt avant que les événements de 1938 puis de 1940 n’imposent une réévaluation et un réajustement de ces rapports bilatéraux. Néanmoins, pour l’auteur, la rupture se situe bien davantage en 1949/50, au moment où s’impose un nouveau régime communiste bientôt guidé par une élite elle aussi profondément renouvelée dans sa composition, comme dans ses références et ses valeurs culturelles.

M. B.

Titre : Les nouvelles élites tchécoslovaques. Une formation française (1900-1950)
Auteur : Jiří Hnilica
Éditeur : Institut d’études slaves
Nombre de pages : 404.
Publication : septembre 2015
Prix : 30 €
ISBN : 979-2-7204-0536-5

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